La course s'est arrêtée, pour lui, pour sa famille et pour ses amis aussi, hier en milieu d'après-midi. À deux pas de la place de Belle-Maison, au-dessus du chemin des Gueuses à Marchin. En face de la banque ING.
Le pilote Yves Feilner a-t-il pris ce tournant à angle droit un peu trop rapidement? N'a-t-il pu récupérer sa Renault Clio après avoir percuté - à moins qu'il ne l'ait que frôlé - le big bag de l'abribus? Dimanche 13 juillet, à 15h30, sa voiture n'a pu éviter un poteau électrique. Violemment. Elle s'est glissée à droite de cette barrière que protégeaient d'autres big bags. Sa Clio s'est écrasée sur ce poteau de béton, sans laisser la moindre chance au pilote de Dahlem qui participait à la Course de côte de Marchin. Il est décédé quasi immédiatement, sous les yeux d'un de ses enfants, de son épouse.
Tout aussi vite, le directeur de course, les responsables de la Course de côte membres du Marchin automobile club ont arrêté l'épreuve. Bloquant ce virage aux curieux qui, intrigués de ne plus voir passer de pilotes, allaient aux nouvelles. Parmi eux, Amaury qui, caméra à la main, venait de filmer la montée du pilote de Dahlem tout au long du chemin des Gueuses. «Je venais de descendre un peu plus bas car je ne voyais pas bien. Je l'ai vu arriver, j'ai filmé sa montée. Puis j'ai entendu l'accident. À chaque rallye sprint que je suis, je le vois. Yves Feilner est très connu dans le milieu des rallyes.» Yves Feilner était un pilote expérimenté, un homme jovial. Qui, quelques instants encore avant de prendre le départ, avait partagé des éclats de rire avec ses amis. Amaury, tout comme bon nombre de spectateurs, s'est alors avancé. Redoutant de voir l'état dans lequel cette sortie de route allait laisser le pilote.
Bien vite, deux ambulances sont arrivées sur les lieux du crash. Le médecin constatant le décès du pilote. Alors que les policiers de la zone de police du Condroz emmenés par le commissaire René Durieux attendaient l'expert Radoux envoyé par le parquet de Huy, les quelques curieux tentaient de trouver une explication à cette sortie de route. À la violence du choc et à sa dramatique conséquence. Cette explication, les enquêteurs la trouveront peut-être sur les photos et le film que quelques amateurs ont pris et qu'ils leur ont remis. L'épouse et le fils d'Yves Feilner, témoins de l'accident et - on s'en doute - choqués, étaient, eux, pris en charge par le service d'aide aux victimes de la zone.
Yves Feilner avait 56 ans. Il était le père de trois enfants : Maxime, Esméralda et Marc. Sa famille est en deuil. Le monde de la course de côte aussi.
j apporte tout mon soutien a la famille